Pour trouver de nouvelles entreprises à ajouter à ma liste d’utilisateurs DITA sur le site DITAWriter, j’utilise principalement LinkedIn. Pour répondre à la question « où sont répartis les utilisateurs de DITA dans le monde ? », j’ai fait, au cours de ces dernières années, des recherches visant à savoir combien de personnes déclarent utiliser « DITA XML » sur leur CV en ligne. J’ai pu filtrer cela en fonction de leur pays de résidence. (Faire des recherches sur « DITA XML » est beaucoup plus spécifique qu’en faire sur « DITA » dans la mesure où ce dernier prend également en compte des personnes qui ont travaillé pour l’opticien du même nom ou encore des femmes dont les prénoms comportent les lettres « DITA ».)

Malheureusement, l’une des dernières « améliorations » relatives au système de recherche interne de LinkedIn a malheureusement supprimé cette fonction pratique. Cependant, j’ai pu obtenir des données sur les principaux pays où les utilisateurs DITA résident juste avant que LinkedIn n’arrête cette fonction. Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est le nombre de personnes qui déclarent avoir de l’expérience sur DITA en comparaison à la fin 2014 et comment cette proportion évolue progressivement à l’échelle mondiale.

Gardez à l’esprit que cette proportion est uniquement fondée sur les données récoltées sur LinkedIn, qui est principalement utilisé dans les pays anglophones et dans ceux où l’anglais est une deuxième langue fréquente. C’est pourquoi je considère qu’il est plus sûr de dire que beaucoup de pays européens sont ici sous-représentés. Cela peut cependant être atténué par le fait que la plupart des utilisateurs DITA doivent avoir, dans un premier temps, suffisamment de connaissances en anglais pour apprendre à l’utiliser. Mis à part quelques cas (comme le site tutoriel DITA en allemand http://www.learningdita.de/ et certaines entrées multilingues sur le site MadCap IXIA CCMS), la grande majorité des outils de formations de la norme DITA sont en anglais.

Il n’est pas surprenant de voir que les personnes qui disent avoir de l’expérience sur DITA XML habitent principalement aux États-Unis. Ce qui pourrait surprendre beaucoup de personnes en revanche, c’est que l’Inde est en deuxième position. Au vu du faible nombre d’entreprises nationales indiennes qui utilisent DITA, la majorité de cette part est due à des sous-traitants. En outre, malgré la troisième place du Canada, je pense que la chose la plus intéressante ici, c’est qu’en additionnant tous les utilisateurs issus des différents pays européens, on obtient 19 % du total, ce qui dépasse aisément à la fois l’Inde et le Canada. Étant donné que je considère l’Europe comme sous-représentée sur LinkedIn, je suis sûr que le pourcentage véritable est bien plus haut que celui qui est montré ici. Ainsi, même ces chiffres incomplets sont impressionnants s’ils sont mis en contexte.

DITA s’étend à l’échelle mondiale, proportionnellement davantage en dehors de l’Amérique du Nord

En observant mon premier sondage fin 2014 et en comparant les résultats avec celui d’aujourd’hui, il est clair que l’utilisation de DITA a non seulement augmenté, mais a également commencé à glisser vers d’autres territoires que ceux de l’Amérique du Nord. Ce que ces deux diagrammes circulaires proportionnels montrent ici, c’est que le nombre de personnes qui déclarent, sur LinkedIn, avoir de l’expérience sur DITA XML a considérablement augmenté au cours des dernières années. Cette augmentation est plus importante en Europe et en Asie qu’en Amérique du Nord (même si le nombre réel continue de croître sur ce continent également).

Même s’il est clair que l’utilisation de DITA continue de croître en Amérique du Nord, il y a un rattrapage progressif du nombre d’utilisateurs de DITA XML en Europe et en Asie. En étudiant de plus près les données, nous observons que l’expansion de l’utilisation de ce logiciel en Asie vient d’une grande communauté de rédacteurs techniques sous-traitants basés en Inde. Mais ce n’est pas tout, le Japon, en particulier, commence à constituer son propre bassin local de talents au fur et à mesure que l’adoption de DITA par les entreprises japonaises se développe. Dans une moindre mesure, nous pouvons avancer le même constat s’agissant de l’expansion de l’utilisation de DITA en Chine, à Singapour et en Israël (qui est considéré comme un pays de l’Asie de l’Est d’un point de vue géographique). En Europe, les pays où le nombre d’utilisateurs de DITA a fortement accru sont le Royaume-Uni, suivi de la France, puis de l’Allemagne, de l’Irlande et des Pays-Bas. Les pays nordiques peuvent aussi se targuer d’avoir une forte communauté DITA menée par la Finlande (où l’entreprise de télécommunications Nokia a été pionnière de la norme DITA), suivie de la Suède.

Enjeux

Qu’est-ce que cela implique pour l’adoption de DITA à l’échelle mondiale ? La croissance continue du nombre de rédacteurs techniques qui déclarent avoir de l’expérience sur DITA XML en Amérique du Nord en nombres absolus, sinon en termes de pourcentage mondial, prouve que l’adoption de la norme DITA par les entreprises américaines et canadiennes est en hausse. Est-ce que la baisse de la part nord-américaine dans le pourcentage mondial présage une saturation prochaine du marché du travail DITA dans cette région ? Je dirais que non. « DITA » est mentionné dans 4 à 5 % de l’ensemble des descriptions des missions de rédacteur technique aux États-Unis, il est donc probable que l’adoption de DITA n’en soit encore qu’à ses débuts. La croissance proportionnelle de DITA au-dehors de l’Amérique du Nord est probablement due au fait que les entreprises situées en Europe et en Asie rattrapent leurs homologues nord-américaines, car les avantages que propose DITA d’un point de vue coûts/bénéfices sont de plus en plus clairs.

D’après ce que je peux voir, l’utilisation de DITA va sans aucun doute continuer à se développer dans un avenir proche. Il y a longtemps maintenant que DITA est devenu plus populaire que S1000D et DocBook. Les rubriques thématiques sont parfaitement adaptées aux besoins de lecteurs qui cherchent des informations quand et où ils en ont besoin, tout cela dans un monde de plus en plus interconnecté. L’arrivée de DITA Lightweight va probablement pousser à davantage d’utilisation et d’innovation. Grâce aux efforts de sites internet qui commencent à enseigner DITA à des publics non anglophones, je pense que l’on verra probablement chez les utilisateurs de DITA des niveaux plus élevés, jusqu’alors seulement observés chez le noyau anglophone.


Cet article a été écrit en anglais par Keith Schengili-Roberts, Senior Content Strategist DITA au sein de l’équipe MadCap IXIA CCMS et traduit par Fabienne Volia, Anthéa Frostin, Alejandro Dardon et Aurélien Cotché du master 2 TI de l’université de Rennes 2 avec l’aimable autorisation de MadCap.